Magnétophone et carnet de notes

Quand j’étais jeune, j’admirais les reporters qui partaient en guerre à l’autre bout du monde, ou qui déjouaient de savants complots politiques. Je me prenais pour Dustin Hoffman dans Les Hommes du président (Alan J. Pakula, 1976). Comme Superman, déguisé en journaliste dans les rues de Metropolis, j’aspirais à la justice ; comme Loïs Lane, je désirais le prix Pulitzer (même si je n’avais aucune idée de ce que c’était, ça avait l’air trop classe). J’étais Spirou combattant le cruel Zorglub aux côtés de son pote Fantasio, j’étais Vicki Vale lorsque je traquais le scoop dans Gotham, j’assistais Jerry Thompson dans Citizen Kane, j’aidais Tintin lorsqu’il partait… ah non, pas Tintin. J’aimais pas Tintin. Les périples de ces intrépides qui brandissaient leur crayon face aux glaives des méchants, une Remington pour tout bouclier, alimentaient mon imagination fiévreuse. Ils entraient avec fracas dans le bureau de leur patron, tapaient du poing sur la table pour imposer leur sujet et partaient enquêter, répondaient à des coups de fil anonymes ou se rendaient à un rendez-vous au milieu de la nuit, sous un pont à peine éclairé par un réverbère tremblant. On leur tirait alors dessus, ils étaient souvent trahis, mais ne cessaient jamais de traquer la vérité pour la faire éclater au grand jour. Et puis j’ai grandi. J’ai lu les journaux quotidiennement pendant la première guerre du Golfe, j’ai vu apparaître les chaînes d’info en continu, j’ai assisté à la naissance de l’infotainment en France, j’ai écouté durant des heures des experts de plateaux et regardé en boucle les spectaculaires images de l’effondrement des Twin Towers. J’ai assisté à la privatisation de TF1, à la naissance de quantités infinies de médias n’existant que pour me vendre de la soupe et des objets dont je ne veux pas. Et c’est bien en réaction à un écœurement général que nous avons décidé d’être journalistes, de l’assumer. C’est pas notre gagne-pain, nous sommes donc libres d’informer à notre mesure, avec nos p’tits crayons, et luttons en bande organisée, avec notre subjectivité affichée et le plus honnêtement possible. Avec ce numéro spécial médias, nous souhaitons ouvrir le dialogue avec nos camarades journalistes que nous voulons soutenir de toutes nos forces, car nous sommes attachés à la pluralité et la liberté de la presse, et on a furieusement l’impression que le quatrième pouvoir est en train de crever ! Par Bob et Estebàn

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